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AMILCAR LOPES CABRAL DE LA GUINEE BISSAU ET DU CAP-VERT

De nationalité Cap-verdienne, Amilcar Lopes Cabral est né le 12 septembre 1924 à Bafata en Guinée portugaise, aujourd’hui appelée Guinée Bissau.

Juvenal Antonio Lopes da Costa Cabral, le père d’Amilcar Cabral est né en 1889 à Santiago, de nationalité Cap-verdienne, il était le fils d’un propriétaire rural aisé et exerçait la profession d’instituteur.

Sa mère, Iva Pinhel Evora, Cap-Verdienne de Praia pour certains et Bissau-guinéenne pour d’autres est née le 31 décembre 1893 et était domestique avant de devenir couturière.

En 1932, avec ses parents, Amilcar Cabral émigre à Santiago au Cap-Vert et fréquente, en 1937, le Lycée de São Vicente où il écrit son tout premier carnet de poésie « Nos intervalos da arte da Minerva – Quando Cupido acerta no alvo ».

En 1943, il achève son secondaire au Lycée Mindelo et est embauché en 1944 à l’Imprimerie Praia, sur l’île de Santiago.

Amilcar Cabral obtient une bourse d’études et part en 1946 pour Lisbonne au Portugal, à l’Institut d’Agronomie et est le seul noir inscrit dans cet Institut.

Pendant ses études à l’Institut d’Agronomie du Portugal, il fait la connaissance de sa première épouse, Maria Helena de Athayde Vilhena Rodrigues qui était sa camarade de classe.

Amilcar Cabral et Maria Helena ont eu deux enfants, Iva Maria Cabral née en 1952 et Ana Luísa Cabral née en 1962.

Assidu, Amilcar Cabral est apprécié de tous et ses professeurs le jugent en disant : « Amilcar Cabral est un étudiant appliqué, consciencieux, honnête et doté d’une intelligence solide ».

Mario de Andrede rapporte comment Maria Helena Cabral décrivait sa première rencontre avec son époux : « J’ai rencontré Amílcar lors de notre première année à l’Institut agronomique, en 1945. L’école avait commencé en Novembre et il est arrivé en Décembre … je n’ai pas appartenir à son groupe mais je me souviens très bien de le voir parmi les autres élèves. Il su se démarquer, car il était le seul nègre dans le groupe … Amílcar n’avait pas passé l’examen d’entrée au collège … Tout le monde a parlé de lui … ils ont loué son intelligence et, pour couronner le tout, il était très agréable et facile à vivre. Quant à ses activités politiques, je me souviens que mes camarades étaient réunis signatures à l’appui des mouvements démocratiques. Amílcar a participé activement à ces organisations d’étudiants antifascistes. Quand il y avait une assemblée générale, il a agi comme modérateur parce qu’il s’exprimait si bien … Au début de notre troisième année, en Octobre 1948, nous étions dans le même groupe, composé des vingt-cinq derniers étudiants qui ont passé les examens. »

Ses camarades de classe de l’Institut d’Agronomie ont le même jugement : « Amilcar Cabral est une personne de l’énergie contagieuse, un grand sens de l’humour, et une énorme capacité de se faire des amis. Il est charmant et les femmes sont facilement attirées par lui. »

Son ami, Carlos Veiga Pereira, un journaliste dit : « Il était le meilleur habillé et soigné de chacun d’entre nous ».

Amilcar Cabral devient secrétaire de direction des sections des îles du Cap Vert, Guinée et São Tomé en 1947.

Pour les vacances d’été de 1949 alors qu’il est en 5ème année d’étude à l’Institut Agronomique, Amilcar Cabral retourne au Cap-Vert et veut transmettre ses connaissances en matière d’érosion des sols et la culture générale à ses compatriotes.

Dans ce cadre, pour faire connaître les caractéristiques du sol du pays et la nécessité pour les dirigeants de baser l’économie du pays sur l’agriculture, il intervient sur la radio « Clube de Cabo Verde » de la ville de Praia, capitale du Cap-Vert.

Amilcar Cabral aborde aussi le problème de l’éducation de tous, intellectuel comme homme de la rue et dit : « Les membres de l’organisation doivent apporter la lumière à ceux qui vivent dans l’ignorance ».

Pour le leader Cap-verdien, la conscientisation de la masse s’impose, l’éducation et la formation doivent être la priorité des priorités dans toute révolution et ne manque pas d’exprimer sa pensée comme suit : « Les déficiences idéologiques, pour ne pas dire le manque total d’idéologie au sein des mouvements nationaux de libération, essentiellement dues à l’ignorance de la réalité historique que ces mouvements affirment vouloir transformer, constitue une des plus grandes faiblesses de notre lutte contre l’impérialisme, sinon la plus grande. Nous croyons néanmoins qu’un nombre suffisant d’expériences diverses ont été accumulées pour nous permettre de définir une ligne générale de réflexions et d’actions dans le but d’éliminer cette déficience. »

Les autorités portugaises refusent à Amilcar Cabral d’organiser des conférences et ses émissions à la radio ainsi que la campagne d’alphabétisation des enfants sont frappées d’interdiction.

De retour au Portugal, Amilcar Cabral côtoie d’autres révolutionnaires comme les angolais Viriato Da Cruz et Agostinho Neto ; Les mozambicains Marcelino Dos Santos et Eduardo Mondlane ; Le bissau-guinéen Vasco Cabral et le brésilien Mario de Andrede.

En 1950, Amilcar Cabral obtient son diplôme d’Agronome mais ne rentre pas au pays et fait un stage au Centre agronomique dans la ville portugaise de Santarém, située dans la région du Ribatejo.

Lors de ce stage de perfectionnement, Amilcar Cabral fait une étude sur l’érosion des terres agricoles à Cuba.

En 1951, il participe, avec Agosthino Neto, Francisco José Tenreiro et Marcelino dos Santos, à la lutte antifasciste par la création du « Centre d’études Africaines ».

Pour Amilcar Cabral, l’idéal de tous, ce qui doit distinguer les nationalistes issus des colonies portugaises, des européens, c’est la « réafricanisation des esprits » ; Objectif pour lequel ils se battent.

Ainsi, les descentes régulières de la Police politique portugaise appelée Police Internationale de Défense de l’Etat (PIDE) pour les intimider ne les décourage nullement.

En 1952, à vingt-huit ans, après avoir signé un contrat avec les services agricoles et forestiers de la Guinée Bissau, Amilcar Cabral rentre en Guinée Bissau et est engagé en qualité d’Ingénieur Agronome dans l’Administration des Eaux et Forêts.

En tant que Directeur de la station agricole à Pessubé, il effectue le recensement agricole de la Guinée Bissau et est surnommé « l’Ingénieur » par ses compatriotes.

Le recensement effectué lui permet de visiter de nombreux villages et créer des contacts précieux avec les villageois afin d’en a user plus tard dans la sensibilisation de la masse.

En effet, le retour d’Amilcar Cabral en Guinée Bissau n’est pas seulement guidé par le matériel. En 1969, dans son mémorandum aux membres de son Parti politique, il disait : « Je ne suis pas venu en Guinée par hasard. Mon retour au pays natal n’a pas été occasionné par tout besoin matériel. Tout a été soigneusement planifié, étape par étape. J’ai eu de grandes possibilités de travailler dans d’autres colonies Portugaises et même au Portugal lui-même. J’ai laissé un bon travail en tant que chercheur au Centre agronomique pour accepter un emploi de seconde classe, celui d’ingénieur en Guinée … Cela a été fait suivant un plan, un objectif, basé sur l’idée de faire quelque chose, de contribuer à l’amélioration du peuple, pour lutter contre les Portugais. C’est ce que j’ai fait depuis le jour où je suis arrivé à Guinée ».

Le 20 mars 1952, le père d’Amilcar Cabral décède.

En 1954, il est nommé successivement, adjoint Chef de la répartition des services agricoles et des Forêts de la Guinée portugaise, Chef de la répartition provinciale des services agricoles et forestiers de la Guinée portugaise et Inspecteur général du commerce de la Guinée.

Lorsqu’il crée le Mouvement pour l’Indépendance Nationale de la Guinée (M.I.N.G.) en 1955, les autorités portugaises l’affectent en Angola où il profite de son séjour dans ce pays pour contacter Viriato da Cruz, Agostinho Neto et Mário de Andrade, les futurs fondateurs du Mouvement pour la Libération de l’Angola (MPLA).

Il part ensuite pour le Portugal et rejoint secrètement la Guinée Bissau.

Dans la nuit du 19 septembre 1956, au numéro 9 c de la rue Guerra-Junqueiro, Amilcar Cabral fonde avec cinq (5) proches, Luis Almeida Cabral, son demi-frère né d’une mère portugaise, Elisée Turpin, Aristides Pereira, Julio d’Almeida et Fernando Fortes, le Partido africano da independência-Uniao dos povos da Guiné e Cabo Verde (PAIGC) ou Parti africain de l’indépendance.

En 1957, à Paris, pour faire le point sur la lutte anti-colonialiste, Amilcar Cabral rencontre Mario De Andrede, Variato Da Cruz et Marcelino Dos Santos.

Amilcar Cabral part le 6 mars 1957 pour le Ghana afin de participer à la fête d’indépendance de ce pays, aux côtés de Kwamé Nkrumah qui a apprécié les structures et la coordination panafricaine de lutte armée du leader Bissau-guinéen.

A la première Conférence panafricaine des Peuples qui se déroule du 5 au 13 décembre 1958 à Accra au Ghana, Amilcar Cabral prend part à la création du Mouvement Anti-colonial Clandestin (MAC) ; Un mouvement qui regroupe les indépendantistes des colonies sous tutelle du Portugal, à savoir, l’Angola, la Guinée Bissau, le Mozambique et São
Tomé-et- Principe.

En Guinée Bissau, les leaders du PAIGC négocient simultanément et pacifiquement l’indépendance du Cap-Vert et de la Guinée Bissau mais, le 3 août 1959, lorsque l’armée portugaise démantèle les réseaux nationalistes, réprime une grève de dockers au Port Pidjiguiti de Bissau et tue plus de 54 personnes, le PAIGC s’engage dans la lutte armée.

Le PAIGC créé la branche armée du Parti, le Mouvement de Libération de la Guinée Bissau et du Cap-Vert (MLGCV) et installe son quartier général à Conakry en 1960, avec l’accord du Président guinéen Sékou Touré.

En 1960, le capitaine français Yves Guérin-Sérac né en 1926, un anti-communiste qui a fait les guerres d’Indochine, de Corée et d’Algérie créé, avec l’aide de la PIDE, de la CIA et d’autres extrémistes comme le terroriste d’extrême droite Stefano Delle Chiaie, une armée ultra-secrète et anti-communisme appelée « Aginter Press ».

L’un des combats de l’extrémiste Yves Guérin-Sérac était « d’éliminer des leaders des mouvements de libération, infiltrer, établir des réseaux d’informateurs et d’agents provocateurs et utiliser de faux mouvements de libération. »

La même année, 1960, pour ne pas se faire arrêter, Amilcar Cabral se déguise, prend le nom d’Abel Djassi et prend part à la Conférence des peuples africains à Tunis.

Dans le mois de juin de l’année 1960, il dénonce publiquement l’occupation portugaise et publie, sous la signature de son nom d’emprunt Abel Djassi, son cri de cœur avec le titre : Fact about portuguese colonies.

Jugeant que la lutte sur la masse urbaine, comme cela se fait dans les pays occidentaux ne sera pas productive en Guinée Bissau, Amilcar Cabral change de tactique et fait reposer son combat sur l’engagement des paysans car, pour lui, l’idéologie de tout combat ne doit être ni le marxisme, ni le léninisme-marxisme, ni le socialisme qui constituent une importation des réalités des peuples européens.

Pour Amilcar Cabral, il faudrait plutôt connaître le peuple à libérer pour la simple raison que : « Les gens ne luttent pas pour une idée dans la tête des gens mais pour une vie meilleure pour leurs enfants. »

De plus, l’Afrique doit être une synthèse positive des cultures africaines même si dans d’autres parties du monde, la démarche peut être la synthèse de l’histoire et des cultures de ces peuples. Il dit à cet effet : « … Je suis un combattant de la liberté dans mon pays. Vous devez juger selon ce que je fais en pratique. Si vous pensez que c’est du marxisme, dites à tout le monde que c’est du marxisme… mais l’étiquetage est votre affaire. Nous n’aimons pas ce genre d’étiquette… »

Amilcar Cabral ouvre une école de cadres du PAIGC en Guinée Conakry et les personnes formées sont envoyées dans le secret en Guinée Bissau pour transmettre la stratégie de lutte aux paysans.

Par contre, au Cap-Vert, ce sont les étudiants des universités de la métropole et les communautés émigrées du Cap-Vert qui sont ciblés par le PAIGC.

Amilcar Cabral devient conseiller technique du ministre de l’économie rural de la Guinée Conakry en 1961.

Le 12 novembre 1962, il prononce un discours à la 4ème Commission de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) à New-York et présente son mémoire sur le Colonialisme Portugais.

La Chine populaire apporte son aide au PAIGC en formant ses cadres.

La Finlande et la Suède soutiennent également les opposants au régime portugais.

La Russie, principal soutien du PAIGC lui fournit des armes et forme les indépendantistes.

Amilcar Cabral visite régulièrement Président algérien, Ben Bella et dit : « Les chrétiens vont au Vatican, les musulmans à la Mecque et les révolutionnaires à Alger. »

En plus de l’Algérie, le Président Gamal Abdel Nasser de l’Egypte fournit des uniformes au PAIGC et d’autres Etats africains tels, le Nigéria de Benjamin Nnamdi Azikiwe, le Sénégal de Léopold Sedar Senghor et le Maroc d’Hassan II soutiennent le PAIGC.

Le PAIGC reçoit discrètement de ses alliés, des armes, des balles, des médecins, des instructeurs et techniciens militaires, des médicaments, des produits de première nécessité, du matériel scolaire, des produits comme le sucre, la cigarette…

Cependant, lors du déchargement des marchandises en provenance du Maroc pour le compte du PAIGC, un docker découvre à la place des boîtes de sardines des balles réelles.

Le docker informe sa hiérarchie et plusieurs membres du PAIGC notamment, Aristites Pereira, Vasco Cabral et Luis Cabral sont arrêtés et emprisonnés.

En dépit de l’emprisonnement de ses leaders, le PAIGC déclenche la lutte armée et le 23 janvier 1963 le cantonnement de Tite, dans le Sud de la Guinée est attaqué.

Un autre champ de bataille est ouvert en juillet 1963 au Nord de la Guinée Bissau.

L’armée portugaise est obligée de se défendre sur plusieurs fronts, Sud et Nord ; Tactique qui s’avère productive puisque le PAIGC finit par occuper le Sud de la Guinée-Bissau.

Du 13 au 17 février 1964, au moment où le PAIGC organise son premier Congrès à Cassaca au Sud de la Guinée Bissau et élit Amilcar Cabral comme Président, des combats ont lieu sur l’île de Como.

Les anti-colonialistes remportent la victoire et proclament l’île de Como : Première région libérée du territoire et installe de nouvelles structures politco-administratives.

En mai 1964, Amilcar Cabral participe, à Milan en Italie, au séminaire organisé par le Centre Frantz Fanon et la pertinence de ses interventions le projette sur la scène internationale.

En 1965, Amilcar Cabral rencontre pour la première fois, le commandant Ernesto Guevara dit le Ché et prend part, en 1966, à la Conférence tricontinentale de La Havane où est mise sur pied l’Organisation de solidarité des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine.

Dans son discours intitulé Fundamentals and objectives of national libération in relation to social structure, Amilcar Cabral dit : La déficience idéologique est la plus grande faiblesse que nous avons en Afrique….Nous avons néanmoins assez d’expérience accumulée pour tracer une ligne de base de l’idéologie pour l’Afrique.

Le charisme, la force de caractère et l’esprit combatif d’Amilcar Cabral lui permet d’être désigné comme un dirigeant révolutionnaire majeur en Afrique et une grande figure de la révolution dans les Etats du tiers monde.

Le 3 janvier 1966, Amilcar Cabral rencontre Fidel Castro à Escambray au centre de Cuba, se lie d’amitié avec lui et lui fait part de son projet de créer un foyer de guérilla dans la forme Guévariste en Guinée Bissau.

Amilcar Cabral avait évoqué ce sujet avec le « Ché » en 1965 lorsque ce dernier faisait une tournée en Afrique.

Fidel Castro accepte et sous le commandement de Pedro Pires, une trentaine de militants de la Guinée Bissau est formée par les instructeurs cubains.

Dans le mois de mai 1966, après avoir divorcé d’avec Maria Helena, Amilcar Lopes Cabral et Ana Maria Foss se marient.

En 1968, une grande partie de la Guinée Bissau est sous contrôle du PAIGC qui y installe des écoles, améliore la vie des femmes et les installations sanitaires.

Le PAIGC crée des magasins appelés magasins du peuple pour fournir des produits de première nécessité aux habitants du Sud de la Guinée Bissau.

Amilcar Cabral se rend au Soudan En janvier 1969 pour participer à la Conférence de solidarité avec les peuples des colonies portugaise.

Au Mozambique, une autre colonie sous tutelle du Portugal, le leader nationaliste, Eduardo Mondlane du mouvement de Libération du Mozambique (FRELIMO), un ami d’Amilcar Cabral pendant qu’il suivait ses études au Portugal est assassiné en 1969 par un colis piégé.

Alors que le PAIGC occupe les deux tiers du territoire de la Guinée Bissau, Amilcar Cabral s’exprime devant la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU en avril 1969 et dénonce les manœuvres malveillantes des portugais.

Pour ralentir l’avancée du PAIGC, les autorités portugaises décident d’utiliser des bissau-guinéens.

Elles intègrent des bissau-guinéens dans l’armée, distribuent des sacs de riz à la population, élèvent des écoles et améliorent des installations sanitaires.

Au 14ème anniversaire du PAIGC, Amilcar Cabral critique les autorités portugaises en disant : « …Les criminels colonialistes portugais ont entrepris à la radio une grande campagne contre les Capverdiens, surtout dans les langues locales Guinéennes. Dans cette campagne, ils affirment qu’ils vont expulser tous les Capverdiens qui sont en Guinée au service du colonialisme et de donner les places et les postes qu’ils occupent à ceux qu’ils appellent ‘’les véritables enfants de la Guinée… »

Une autre fille d’Amilcar Lopes Cabral, N’Dira Abel Cabral naît le
6 décembre 1969.

En février 1970, Amilcar Cabral participe à la Conférence organisée à l’université de Syracuse à New-York et rend hommage au mozambicain Eduardo Mondlane assassiné une année auparavant.

Il se rend successivement, en 1969, au siège des Nations-Unies à Washington, à la Commission des affaires étrangères du Congrès américain et à Moscou en avril pour fêter le centième anniversaire de la naissance de Lénine.

Le 1er juillet 1970, les indépendantistes des colonies portugaises, Agostinho Neto de l’Angola, Marcelino Dos Santos du Mozambique et Amilcar Cabral de la Guinée Bissau sont reçus par le Pape Paul VI après la Conférence de solidarité avec les peuples des colonies Portugaises.

Le 22 novembre 1970, l’armée française décide de secourir son « frère » portugais en entreprenant une opération baptisée, Opération Mer verte avec pour objectif d’assassiner Amilcar Cabral et renverser par la même occasion le Président guinéen Sékou Touré qui a osé dire Non au Général de Gaulle.

Les services secrets français, le Portugais Marcello Caetano et le Brigadier de la cavalerie Portugaise appelée « Spinola » mettent en place le projet d’attaque.

Les cinq objectifs de cette attaque sont : la libération des prisonniers portugais détenus en Guinée Conakry, la destruction des équipements militaires nommés « chasseurs Mig 17 » de la République de Guinée Conakry, la mise hors d’état d’usage des vedettes du PAIGC, le coup d’Etat en Guinée Conakry et l’assassinat du nationaliste Amilcar Cabral qui réside en Guinée Conakry.

L’Opération Mer verte entreprise par la France permet certes de délibérer vingt-six militaires portugais et détruire les vedettes du PAIGC mais l’opération est un échec cinglant.

En effet, en déplacement en Europe de l’Est, c’est la résidence du voisin immédiat d’Amilcar Cabral qui a été pilonnée d’obus, tard la nuit.

L’opération s’étant déroulée dans l’obscurité, les militaires français se sont trompés de cible, ont détruit la résidence du voisin d’Amilcar Cabral et les trois filles du voisin ont été atteintes.

Une des filles est décédée sur le coup, la tête détachée par un éclat d’obus.

De même, le Président guinéen Sékou Touré est absent du Palais présidentiel pendant l’attaque.

Pour la commémoration de l’agression de la France, le Président Sékou Touré de la Guinée Conakry, le leader nationaliste Amilcar Cabral et le Président français François Mitterrand sont présents et le dernier cité passe une semaine en Guinée..

Le Président français se lie d’amitié avec Amilcar Cabral et l’invite en France pour les vacances de Pâques.

Bien avant cette énième attaque, Amilcar Cabral avait déjà échappé à une quarantaine de tentatives d’assassinat.

Pour équilibrer les rapports de force, Amilcar Cabral se rend à Moscou, en Russie pour acquérir des avions militaires et les Soviétiques lui promettent des missiles sol-air appelés « Strella ».

A cet effet, Luis Cabral, dans une interview au journal « Diário Popular » dit : « Mon frère pouvait se faire des amis partout (…) C’est avec le charme d’Amílcar que les Soviétiques nous ont donné les missiles pour contrôler l’armée …»

Pour le lobbying diplomatique, Amilcar Cabral se rend en Suède en avril 1971, en Ethiopie en juin 1971 pour la Conférence des Chefs d’Etat et gouvernement africains et en août, en Irlande et la Finlande.

En février 1972, il tient un discours devant la 163ème session du Conseil de sécurité de l’ONU et demande aux membres de cette Organisation de conduire une mission dans la partie Sud de la Guinée Bissau pour s’imprégner de la réalité.

L’ONU envoie effectivement une mission d’observation du 2 au 8 avril 1972, conclut que le PAIGC doit être considéré comme le véritable et légitime représentant des peuples de la Guinée et du Cap-Vert.

L’ONU demande donc aux autres Etats de s’adresser dorénavant au PAIGC pour tout ce qui concerne la Guinée-Bissau et le Cap-Vert.

Le Conseil de sécurité de l’ONU vote, à l’unanimité, une résolution pour condamner le colonialisme portugais et exige que les portugais se retirent de la Guinée Bissau et engagent les négociations avec le PAIGC.

Les élections sont préparées dans la partie Sud en août 1971 et les représentants de l’assemblée nationale populaire sont élus quelques mois plus tard avec 273 conseillers régionaux contre 120 membres de l’assemblée nationale populaire.

En 1972, des représentants du PAIGC visitent la Corée du Nord, le Japon et la Chine.

La renommée d’Amilcar Cabral est telle qu’il est nommé, le 15 octobre 1972, « Docteur Honoris Causa » par l’université Lincoln aux Etats Unis d’Amérique.

Le 24 décembre, il devient « Docteur Honoris Causa » en Sciences politiques et sociales par l’Académie des Sciences de l’URSS.

Cependant, le 20 janvier 1973 à 23 heures, Amilcar Cabral est assassiné devant chez lui à Conakry, de retour d’une réunion avec son épouse Ana Maria Cabral.

L’Aginter Press de l’extrémiste Yves Guérin-Sérac est désigné par de nombreux Observateurs comme le responsable de cet assassinat.

L’assassin du leader nationaliste, Mamadou Touré, militant dissident du PAIGC chargé auparavant de la protection d’Amilcar Cabral est aussitôt exécuté et démembré.

110 personnes sont exécutées mais les résultats de la Commission d’enquête ne seront jamais publiés.

La veuve, Anna Maria Cabral, une combattante des premières heures pour l’indépendance du pays a poursuivi le combat et créée une fondation, la Fondation Amilcar Lopes Cabral en hommage à son époux.

De nombreux autres édifices et manifestations portent son nom, « la Coupe Amílcar Cabral » qui a lieu au Cap-Vert et regroupe des Etats de la sous-région ouest-africaine ; « Le Lycée technique Amílcar-Cabral » de Ouagadougou au Burkina Faso ; « Le Lycée agricole Amílcar-Cabral » (LAAC) de Brazzaville au Congo ; « Le Collège CEMT Amilcar Cabral » de Ziguinchor au Sénégal ; « Le Lycée Amílcar-Cabral » (LACM) à Macenta en Guinée ;
« L’école primaire Amílcar-Cabral » de Dixinn en Guinée ; « L’Aéroport international Amílcar Cabral » du Cap-Vert ; « Le boulevard Amílcar-Cabral » de Martinique ; « Le boulevard Amilcar Cabral » à Alger en Algérie…

Le 24 septembre 1973, seul, le PAIGC proclame l’indépendance de la Guinée Bissau et le 10 septembre 1974, l’indépendance pleine et totale de la République de Guinée Bissau est proclamée.

Luis Almeida Cabral, le frère d’Amilcar Cabral devient le premier Président de la Guinée Bissau.

Le 5 juillet 1975, le Cap-Vert fête son indépendance.

L’idéologie d’Amilcar Cabral a séduit plusieurs mouvements dans le monde, le MPLA de l’Angola, le FRELIMO du Mozambique, l’ANC de l’Afrique du Sud… et des leaders, ceux du Timor Este, Kwamé Nkrumah du Ghana…

Ceci parce que, lorsque le PAIGC capturait des soldats portugais, au lieu de les emprisonner ou les assassiner, il les engageait dans leur lutte de libération et réussissait à faire comprendre à ces derniers qu’ils étaient aussi des victimes exploitées par le régime portugais.

Le PAIGC expliquait à ces prisonniers qu’ils devraient se classer dans la même catégorie que les révolutionnaires qu’ils combattent par erreur.

Beaucoup ont adhéré et une grande partie de ces combattants sont à la base du renversement, le 25 avril 1975, du régime fasciste du Portugal.

Aujourd’hui encore, Amilcar Cabral est considéré comme le « Ché » de l’Afrique ; L’homme qui a permis à deux Etats, le
Cap-Vert et la Guinée Bissau d’obtenir leurs indépendances.

Amilcar Cabral reste, pour beaucoup d’africains, un humaniste, un intellectuel visionnaire, un grand révolutionnaire panafricaniste.

Pour des Observateurs, il est « Une lumière éclatante et un guide pour la révolution panafricaine et socialiste doté d’un pragmatisme, un courage, une modestie, une intelligence, une honnêteté sans pareille. »